Issiaka Konaté (directeur général de l´Intégration africaine et des Ivoiriens de l´Extérieur) : " 15 comités régionaux luttent contre la migration irrégulière "


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Par Nohamin N´da
Mis à jour le 2021-05-15 18:58:40

Le directeur général des ivoiriens de l´extérieur parle des actions et mesures prises par l´État de Côte d´Ivoire pour lutter contre la migration irrégulière.


Monsieur le Directeur général, quelles sont les actions déjà engagées dans la lutte contre la migration irrégulière en Côte d’Ivoire ?

L’Etat ivoirien a mis en place des comités régionaux dans 15 régions sur les 31 de la Côte d’Ivoire depuis 2018 avec pour objectif de sensibiliser la population sur le phénomène. Il s’agit d’aider aux démantèlements du réseau des passeurs et la réintégration dans les territoires. On a aussi fait des sensibilisations publiques sur toute l’étendue du territoire ivoirien avec près de 12 500 km parcourus. En plus de cela, nous avons renforcé les contrôles aux frontières. L’Etat aide au retour et à la réinsertion des migrants. Il faut ajouter à cela plusieurs affichages publicitaires et la diffusion de spots télé, radio dans plusieurs langues nationales.

 Quelles sont des structures qui collaborent avec vous dans la gestion de ce phénomène ?

On a le ministère des Affaires étrangères, mais aussi le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité qui est chargé de la gestion de la sortie du territoire, des entrées, de l’identification et de la mise en place d’une politique migratoire en rapport avec les autres ministères concernés. Nous avons aussi le ministère de l'Intégration africaine et des Ivoiriens de l’Extérieur en charge de la gestion de la diaspora, et de l’intégration africaine, ce qui implique la population de la CEDEAO et les organisations régionales et africaines. Ensuite, nous avons le ministère de la Famille, de la Femme et de l'Enfant qui, lui, est chargé de la lutte contre la traite des personnes et la protection des enfants. Le ministère du Plan s’occupe, quant à lui, du développement et de la planification. Cela se traduit par les questions de statistiques et de recensement général de la population.

 Outre son mandat traditionnel, le ministère des Affaires étrangères est aussi chargé des affaires consulaires et des questions de délivrances des laissez-passer.

Pouvez-vous nous citer le cas précis d’une personne qui a reçu l’aide de votre Direction ?

J’ai le cas d’une fille de 15 ans qui a été prise pour travailler en Tunisie. Quand ses tuteurs tunisiens l’ont vue, ils l’ont trouvée trop petite pour effectuer les travaux chez eux. Par contre, ce qu’ils ont fait qui n’était pas bon, c’est ils l’ont laissée à l’aéroport, livrée à elle-même. C’est un ressortissant burkinabè qui a alerté l’ambassade de Côte d’Ivoire en Tunisie qui, à son tour, a informé notre Direction. Finalement, la fille est bien rentrée en Côte d’Ivoire.

Quelles difficultés rencontrez-vous dans la gestion de la migration irrégulière en Côte d’Ivoire ?

Les difficultés interviennent au niveau de la réinsertion des migrants. Nous ne disposons pas de ressources financières suffisantes pour prendre tous les migrants en compte. Nous n’avons pas non plus la maitrise de toutes les voies empruntées par les migrants.

Quelles solutions proposez-vous pour réduire ce phénomène ?

 Avec l’aide du ministère de la Jeunesse, nous travaillons à la réinsertion professionnelle des migrants en fonction du domaine d’activité dans lequel ils choisissent d’exercer lors du profilage. Ils peuvent choisir des métiers tels que l’élevage, la couture, la coiffure, l’agriculture.                      

 

Propos recueillis par

Nohamin N’da

Noura Yobouet

Estelle Tissi

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