Mohamed dit La Gâchette (jeune migrant) ꓽ ‹‹ J´ai dépensé 2 millions pour aller en Europe››


/
Par Mariam Koné
Mis à jour le 2021-06-18 06:52:12

Mohamed « La Gâchette », jeune Ivoirien, vit au Maroc. A la recherche d´un mieux-être, il a effectué le voyage de son pays d´origine au pays d´accueil. Avec force détails il a accepté d´expliquer au Journal-école « Le Communicateur » les difficultés organisationnelles et financières de ce périple. Un véritable parcours de combattant.


Mohamed La Gâchette, avec tous les préjugés autour de la migration, qu’est-ce qui vous a motivé à prendre ce risque ? 

Je suis allé à l’aventure pour espérer avoir un travail stable et apporter le nécessaire à ma famille.

Comment avez-vous effectué le voyage ? 

J’ai traversé le désert. C’est une fois à Tombouctou, au Mali, que je suis monté à bord d’un bateau. De Sévaré à Tombouctou, j’ai dépensé la somme de 700 000 FCFA pour arriver au Maroc.

A quoi ont servi les 700 000 F ?

J’ai dépensé 500 000 FCFA pour les frais de transport de la Côte d’Ivoire au désert. Du désert au Maroc j’ai payé 400 000 FCFA.  Chaque passeur devait toucher sa part du marché.

Il semble que vous avez passé un séjour coûteux au Maroc… 

Oui, au Maroc, on vivait à plus de 50 personnes dans une petite maison qu’on nous faisait payer chaque fin de semaine à 100 Dirhams marocains, soit environ 6 150 FCFA. Avec ça, on avait droit à manger une fois par jour dans les conditions difficiles. Pour les soins c’était 250 Dirhams, soit 15 930 FCFA.

Combien a coûté le voyage jusqu’à votre destination ?

J’ai dépensé 2 000 000 FCFA, y compris tous les imprévus.

Cette somme considérable ne pouvait-elle pas vous servir de fonds pour un projet ?

En Côte d’Ivoire tout est basé sur les relations, même avec les diplômes c’est toujours par affinité.

Interview réalisée par

Mariam Koné

 

 Lire aussi: L’Unesco et l’OIM au front

 Les migrants ivoiriens partent d’Abidjan, de Daloa ou de Korhogo, entre autres villes de la Côte d’Ivoire. Pour se rendre en Italie, ils traversent le Burkina Faso, le Mali et le Niger pour chuter dans un premier temps en Algérie, en Libye ou en Tunisie avant la traversée de la Méditerranée. Avant ces pays des ports d’embarquement, les candidats à la migration, par car ou avion, transitent chez des hébergeurs en traversant le Sahara.

Pour la traversée de la mer, les « Zodiac » sont les seuls moyens du voyage vers les côtes d’Italie. Pour ceux qui préfèrent l’Espagne, il faut aller au Maroc en avion ou en car en passant par la Mauritanie.

Du Maroc, dès l’apparition d’une opportunité, ils tentent la traversée par la mer ou essayent d’escalader les barrières de Ceuta et de Melilla. Certains sont blessés par les garde-frontaliers et sont emprisonnés. D’autres y meurent. Très peu atteignent leur but.

Les institutions internationales comme l’UNESCO et l’Organisation internationale contre la Migration clandestine (OIM) sont informées de cette situation. Selon le représentant de l’OIM en Côte d’Ivoire, cette institution lutte contre l’immigration irrégulière à travers des campagnes d’information par les médias.

Ba-Gomis & Bamba

Mariam Koné Retour 27 vues

Partenaires